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Une nature à soi

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Ce n’est une surprise pour personne, mais nous observons ces dernières années, une montée en puissance du tout naturel. Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à ce qu’ils mangent et à ce qu’ils utilisent pour leur beauté. Mais entre nécessité de faire évoluer les mentalités et fantasme d’une naturalité idéalisée, il est nécessaire de clarifier les choses afin de ne pas tomber dans le greenwashing et d’oublier l’efficacité du produit.
 

Mère nature

« L’homo urbanus » est en train de prendre conscience du côté maléfique de l’industrialisation, du tout numérique : explosion des différentes pollutions, disparition de la biodiversité... Il n’aspire qu’à une chose : se reconnecter à la nature par tous les moyens.
 
  • Retour aux racines
Le philosophe Michel Serres affirme que « le plus grand événement du XXe siècle est la disparition de la paysannerie, passée de 70 % de la population française dans les années 1900 à 3 % aujourd’hui, alors que l’homme avait été paysan depuis le néolithique » (1). De nos jours, le regard sur le monde rural évolue, et devient objet de désir pour les urbains en mal de chlorophylle. On peut voir depuis quelques années l’émergence de l’éco tourisme, de fermes ouvertes au public proposant aux citadins de cueillir eux même leur légumes et fruits. En Seine-et-Marne, par exemple, il existe une ferme, dont les légumes sont cultivés en permaculture, qui fournit plusieurs restaurants haut de gamme de la capitale. La particularité de cette ferme, c’est qu’elle est tenue par un groupe d’amis, oscillant entre bitume et terreau. Ils proposent également des chambres d’hôtes et accueillent des voyageurs du monde entier, principalement des urbains, surnommés les « wwoofers ». Ces visiteurs n’hésitent pas à mettre la main à la terre en échange d’un lit et d’un repas sain. Des plateformes de voyage proposent également des « expériences » nature, détox, en lien ou non avec le lieu de résidence sélectionné. Un désir de terre qui se traduit également par le développement d’une micro-agriculture dans les grandes métropoles avec la mise à disposition de nombreux jardins partagés et l’apparition de potagers d’entreprises ou autres lombricomposteurs dans les appartements.
 
  • Alimentation « green »
Cette recherche de naturalité passe également par une évolution des consciences vis-à-vis de la provenance des aliments, la recherche d’une alimentation meilleure pour la santé et la préservation d’une biodiversité en péril. Ce changement dans la société s’observe par la nette progression du bio, d’une alimentation végétarienne et du « véganisme ». Encore considéré comme extrémiste il y a peu de temps, ce mode de vie se développe depuis plusieurs mois à vitesse grand V. Être végane consiste à exclure autant que possible en pratique, tout produit d’origine animale (régime alimentaire sans viande, poisson, crustacé, œuf, produit laitier, miel, etc.) et d’adopter un mode de vie respectueux des animaux (habillement, cosmétiques, loisirs…) (2).
Souvent à la traine par rapport aux autres pays européens, tels que l’Angleterre et l’Allemagne, la France commence à rattraper son retard. En juin 2017, 2% des Français se déclaraient véganes, 4% végétariens et 20% déclaraient consommer occasionnellement des produits explicitement véganes, soit plus de 13 millions de personnes concernées (3). Des produits véganes de plus en plus présents notamment dans les grandes surfaces.
 
  • Ethique et biodiversité
Certaines vidéos, sur diverses pratiques du secteur de l’agroalimentaire, qui circulent sur les réseaux sociaux, ont pu bouleverser les consommateurs les plus sensibles à la cause animale. Les nouvelles générations, soucieuses du bien-être des animaux, s’éloignent alors d’une alimentation traditionnelle à base de viande. On retrouve 12 % de végétariens chez les personnes nées entre 1980 et 2000 contre 1% chez les baby-boomers et 4% entre les baby-boomers et la population née avant 1980 (4). Par ailleurs, préserver la biodiversité est un des combats de ce retour à la naturalité. Les êtres humains exercent une pression croissante sur les espèces et sur l’environnement. Des processus naturels, essentiels aux productions agricoles et à la vie d’une manière plus globale, comme la pollinisation par les abeilles ou la régénération des sols par les micro-organismes, sont impactés négativement par les activités intensives urbaines et rurales. Il est donc essentiel de proposer des pratiques d’agriculture durables qui peuvent aussi bien nourrir les hommes que protéger la biodiversité et la planète.
 

Naturalité et Cosmétique

Les consommateurs attachent de plus en plus d’importance à la qualité et la provenance de ce qu’ils mangent, mais ils sont tout aussi avertis et exigeants concernant les produits qu’ils s’appliquent sur le visage et le corps. La méfiance des clients s’illustre par une baisse des ventes de l’offre conventionnelle au profit des marques bio ou naturelles.
Le marché des soins visages bio en France affichait en 2017 une croissance de 35,1 % et passait à plus de 22 millions d’euros en GMS (5). Un dynamisme très récent par rapport aux produits alimentaires apparus il y a déjà 20 ans. Au Royaume-Uni, pays Européen avec l’Allemagne où le mode de vie végane est le plus représenté, la vente de produits sélectifs véganes a montré une augmentation de 38 % entre février 2017 et fin janvier 2018 (6). Une multiplication des ventes et des lancements poussés par une augmentation de la demande, par les réseaux sociaux et des campagnes, telle que « Veganuary ». Lancée en 2014 au Royaume-Uni, ce site propose chaque mois de janvier, comme un clin d’œil aux bonnes résolutions, d’adopter un mode de vie végane. Les participants sont accompagnés tout au long de l’année en recevant des recettes, des bonnes adresses d’épiceries, des conseils et des informations de l’impact des produits sur la santé, les animaux et l’environnement.
Une naturalité qui s’exprime également dans le sélectif via des corners dédiés aux « Super Aliments » ou « Super Ingrédients », ou encore via une sophistication des galéniques bio vers plus de sensorialité et de performance, là où le plaisir faisait parfois défaut.
 

Beauté végane

Tout comme les végétariens, les personnes véganes ne consomment pas de viande, ni de poisson et ils ne consomment pas non plus d’œuf, de lait, ou de miel, comme les végétaliens. Mais la philosophie végane, véritable mode de vie, va encore plus loin en s’étendant aux vêtements, aux loisirs et aux cosmétiques. Un produit cosmétique dit végane doit alors être exempt d’ingrédient provenant d’un animal mort ou vivant, n’ayant pas fait appel à des auxiliaires de fabrication d’origine animale et n’ayant été testé d’aucune façon sur des animaux. La fabrication d’un produit explicitement végane impose d’exclure, autant que possible, en pratique, toute forme de participation au commerce des animaux. On entend par « origine animale » les substances issues de l’élevage, de l’abattage, de la chasse et de la pêche (7).
Peut-être première victoire pour le véganisme, l’interdiction de la mise sur le marché européen de produits cosmétiques ou d’ingrédients ayant été testés sur les animaux, depuis le 11 mars 2013. Il convient tout de même de rappeler que cette règle est valable pour tous les produits de beauté qu’ils soient véganes ou non.
Il n’existe pas encore de législation ou de label internationaux pour certifier le véganisme d’un ingrédient ou d’un produit, comme il n’existe pas de « haute autorité » du véganisme, ce qui provoque une certaine confusion du côté des industriels.
Plusieurs labels véganes nationaux émergent, cependant, de part et d’autre : la certification Vegan & Cruelty Free et le label Vegan Action aux Etats Unis, le label Vegan Society en Angleterre, le VegeCert au Canada, le V-Label en Suisse, le Vegan OK en Italie, le Vegan/Vegetarian Certificate au Japon (4) … (Voir l’illustration ci-dessous). Ces labels sont des marques déposées, proposés par des organismes associatifs ou privés représentés par des experts du véganisme. Ils attestent qu’un produit cosmétique est exempt de matière première animale et d’origine animale et l’absence de test sur animaux à toutes les étapes de fabrication, par la marque ou par un tiers.



La France propose également son label : Eve Vegan. Delivré par l’association Vegan France, il répond aux mêmes critères que les autres labels véganes et favorise également des produits véganes qui respectent l'environnement et la santé humaine.
Il existe d’autres labels, tels que One Voice, Cruelty Free International, Choose Cruelty Free, Cruelty Free Cosmetics, qui eux aussi garantissent le respect de l’animal, mais qui autorisent certains ingrédients d’origine animale, notamment ceux issus de la ruche.
 

Et dans le futur ?

Il n’y a aucun doute, au regard de l’évolution des comportements, le véganisme est amené à se développer dans les cosmétiques. Cependant, ils existent des obstacles à la généralisation des produits véganes. Un label végane apposé sur un produit peut, paradoxalement, donner une image négative du produit à force d’accumuler les « sans ». On est alors, en effet, en mesure de se demander ce qu’il reste d’efficace dans le produit.
L’autre obstacle se place plutôt du côté des traditions. En France, l’utilisation dans les cosmétiques de matières premières naturelles d’origine animale est fortement valorisée en montrant une image de savoir-faire artisanal. Il existe de nombreuses marques françaises, principalement en bio, qui utilisent les bienfais des ingrédients issus des ruches (miel, gelée royale, cire d’abeille, pollen…), mais également du lait d’ânesse et de chèvre. Autrement dit, un marché cosmétique entièrement « véganisé », c’est loin d’être pour demain !
 

Solution Gattefossé pour des formules véganes


Dans un marché où les demandes des clients sont en croissance en termes de naturalité et d’efficacité, les laboratoires Gattefossé proposent des ingrédients qui peuvent tout à fait être utilisés dans des produits véganes :
 

  • Côté actifs :

Issu de la recherche Gattefossé en biologie végétale, l’ensemble des actifs de la gamme Gatuline® répond à la définition du véganisme. Tous d’origine naturelle et végétale, ils sont en majorité approuvés ECOCERT et COSMOS et proviennent d’un sourcing responsable.
Notre nouvel actif EnergiNius™ l’est aussi.
 

  •  Côté texture :

Emulium® Kappa² (approuvé ECOCERT)
Plurol® Stearique et Diisostearique CG (approuvés ECOCERT et COSMOS)
Acticire® MB (approuvé COSMOS)
Lipocire™ A SG (approuvé ECOCERT et COSMOS)
Compritol® 888 CG (approuvé ECOCERT et COSMOS)
Definicire™ (certifié COSMOS)


Sources :
(1) Elle, juillet 2018
(2) Le Petit Robert, 2015
(3) CHD Expert, juin 2017
(4) Certification-vegan.fr
(5) IRI, 2017
(6) The NPG Group, 2018
(7) Label EVE VEGAN, 2018
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Afin de pouvoir créer des textures adaptées à chaque consommateur, Gattefossé a développé un nouvel émulsionnant sensoriel et innovant : Emulium® Mellifera MB.

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