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S.O.S. médecin

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Originellement issue de la pharmacie, la cosmétique remonte aux sources et enfile (de nouveau) la blouse blanche. Le « dermato » n’a jamais eu autant la cote ! Son cabinet, son univers, ses méthodes inspirent nombre de marques en termes de codes, d’ingrédients, de protocoles… Mais jusqu’où la cosmétique ira-elle pour s’arroger une caution médicale ?

C’est grave docteur ?

Incontournable en cas de pathologies, le dermatologue traite également nombres de problèmes cutanés jugés « subalternes ». Le plus souvent sollicité pour guérir l’eczéma (dénomination courante allant de la dermatite atopique à l’eczéma de contact), le psoriasis ou l’acné, il remédie aussi au bouton de fièvre ou autre lucite estivale bégnine.
Hors médicaments, il prescrit ou recommande des produits dermo-cosmétiques pour accompagner et soulager ces maux de peau : nettoyants légers pour peaux agressées, hydratants d’appoint des états ichtyosiques, soins pour peaux couperosées, accélérateur de réparation pour brûlures et lésions superficielles… allant même jusqu’à des soins ciblant des problématiques très spécifiques, comme l’allergie de contact au nickel qui dispose désormais de solutions dédiées.

La beauté médicalisée

Progressivement, le champ du dermatologue s’est étendu à l’esthétique, avec le traitement des vrais défauts disgracieux : boutons, taches, veinules visibles… La cicatrice en fait partie. Relevant d’un réel traumatisme, d’une intervention chirurgicale ou d’une pathologie comme l'acné, ce vestige indélébile reste une zone plus sensible et à protéger, du soleil notamment.
Et dernièrement, ce sont ajoutés d’autres défauts au catalogue des dermatologues : les marques du temps ! D'où le développement en cabinet de techniques visant à "bien vieillir et vieillir belle".

Dermatologue ou chirurgien ?

Les femmes françaises sont culturellement plus récalcitrantes au bistouri que les brésiliennes, les américaines ou même les chinoises, jugeant la chirurgie esthétique trop effrayante ou coûteuse. Elles se tournent donc plus facilement vers le dermatologue, ses méthodes "soft" ou non invasives.
Globalement, d’après l’IMCAS (International Master Course on Aging Skin), il semblerait que l’heure ne soit plus au lifting du visage, de peur de modifier son harmonie, mais plutôt à améliorer la qualité de la peau et contrer la perte de matière. La chirurgie développe d’ailleurs des techniques plus douces, telles les fils crantés résorbables pour corriger le relâchement ou les nano-injections de graisse autologue pour en restaurer les volumes.
Mais pour la plupart des consommatrices, sceptiques et effrayées, ou tout simplement plus modestes, la cosméceutique offre une alternative scientifique rassurante ! Certains médecins s’aventurent hors de leur cabinet, conseillent, deviennent les égéries de marques ou signent des Dr Brand. Même sans la caution d’une star en blouse blanche, l’efficacité des soins n’est pas en reste puisqu’ils comparent leurs résultats cliniques à ceux obtenus en cabinet : "8 semaines d’utilisation équivalent à une séance laser CO2", "2 applications quotidiennes durant 2 semaines correspondent à l’effet de la 1ère injection de collagène"… 

Cosméceutique : des actifs de référence

Pour rendre à la peau les fonctionnalités de ses 20 ans, les cosméceutiques affichent des dosages élevés en actifs et offrent des galéniques aux actions biologiques approchant celles d’un médicament. Ils empruntent d’ailleurs à la médecine esthétique et à la dermatologie leurs principes actifs anti-âge phares : toxine botulique, acides hyaluronique / glycolique / salicylique, collagène, vitamines C et E, rétinol et rétinaldéhyde… Sont également bienvenus les actifs stimulant la synthèse de la matrice extra-cellulaire ou cherchant à reproduire l’effet des protocoles dermo-esthétiques.

Jouer au docteur

Permettant aux marques de glisser vers le premium sans pour autant coûter le prix d’une intervention, les cosméceutiques s’appuient sur diverses stratégies :
  • des emballages empruntant au registre de la dermo-esthétique : effet métal, micro-aiguilles, embouts effilés, pipettes… La pureté du blanc rappelle la précision, la performance ou l’expertise. 
  • l’importation de techniques professionnelles à la maison prospère. Désormais fleurissent des crèmes activées par une source lumineuse (lumière pulsée ou Led), des soins à base d’oxygène ou inspirés de la cryothérapie.
  • le discours se renforce de qualificatifs performants. Les soins "micro-dermabrasent", "perfusent" la peau, corrigent l’ovale, liftent, restructurent, resurfacent… 

Si les emballages en forme de seringue et les revendications jugées trop pharmaceutiques disparaissent progressivement du marché, la frontière entre médecine esthétique et cosméceutique demeure ténue et l’intention d’une performance « en profondeur » s’installe. C’est pourquoi termes scientifiques, coaching de peau et accessoires inspirés des pratiques professionnelles se multiplient. Reste un challenge pour les marques : doser le recours au registre médical pour ne pas tomber dans la caricature... d’elles-mêmes.  
 

De la tête aux pieds

S’ils traitent les verrues plantaires, les dermatologues sont aussi consultés pour tous les problèmes de peau, jusqu’au sommet du crâne ! Si l’on n’y pense pas en première intention, le cuir chevelu reste bel et bien une zone de peau et les consommateurs se tournent ainsi vers la médecine aussi pour leurs problèmes capillaires. Démangeaison du cuir chevelu, pellicules, cheveux gras… jusqu’à l’alopécie nécessitant des implants.
Les solutions s’accompagnent bien souvent d’un duo soin-hygiène relevant de la dermo-cosmétique. Shampooings doux, sans sulfate, pour cuirs chevelus sensibles alliés à des produits de soin de plus en plus sophistiqués sur le modèle de ceux du visage (sérums, lotions, masques cuir chevelu…) sont la nouvelle expression de la « beauté-santé » capillaire.
A noter, les problèmes capillaires sont en augmentation, liés à la vie plus urbaine et stressante, mais aussi aux traitements « maltraitant » les cheveux de plus en plus adoptés par les consommateurs (coloration, lissage, tressages…). Des causes devant lesquelles nous ne sommes pas tous égaux… Par exemple, la chevelure des femmes noires ou métissées se renouvelle plus lentement que celle des caucasiennes, engendrant une portée plus pérenne à toute agression survenant sur un cheveu frisé ou crépu.
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