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Solar impulse

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Arc-bouté entre cosmétique et pharmacie, le produit solaire résulte d’un heureux dosage d’efficacité, d’esthétisme et de bonne conscience… Même si, sous nos latitudes, il brille par son absence sept mois par an, nombre de produits satellites gravitent autour de lui. La force d’attraction du soleil s’exerce aussi sur le soin, le capillaire, le parfum… Et même si on pense en connaître un rayon, il semble qu’on n’en ait jamais fait le tour !
 

Stratégie plaisir

La protection contemporaine s’impose en textures légères, fondantes et rémanentes. Ces dernières garantissent un étalement agréable et uniforme sur peau sèche comme mouillée voire même ensablée, sans coller, sans impression grasse et sans tacher les vêtements. Et ce, d’autant qu’elles sont conçues pour les enfants ou les hommes, peu enclins à se « tartiner »…
Roll-on, stick, mousse avec système de diffusion à 360° et même baume corporel solide sous la douche ou nettoyant assurant un SPF de 30, interdisent désormais de négliger ce pensum devenu moins fastidieux...

Mais le spray reste la galénique star ! Que ce soit pour des laits fins ou des huiles, ce format nomade et respectueux de l’environnement (sans gaz propulseur) fait aussi le succès de l’eau solaire. Ce voile léger, inspiré des mists asiatiques, aux bénéfices fraîcheur, hydratant et antioxydant, réconcilie protection et fini imperceptible, fixant le maquillage, à tout moment de la journée, toute l’année. Parfaites pour une application uniforme et rapide, les brumes sont plébiscitées pour le plaisir d'utilisation qu’elles procurent, incitant au renouvellement d’application. Les sprays solaires dont la fraîcheur était due à l’alcool, font plus souvent l’impasse sur cet ingrédient desséchant, jusqu’à mentionner « sans alcool » sur leurs packs. Quant-aux aérosols après-solaires, ils rafraîchissent, régénèrent (avec, notamment, des cellules souches) et hydratent d’un souffle, sans avoir à masser avec insistance un épiderme irrité.
De façon générale, quelle que soit la galénique, les astuces de formulation tendent à minimiser les filtres de synthèse et concourent à améliorer la sensorialité : nanotechnologies, boosters de SPF, amélioration de la substantivité, de la photostabilité,… tout en garantissant efficacité et haute tolérance.
 

Plus facile la vie

Fini le bronzage intensif des années 80 qui attestait de vacances réussies. Aujourd’hui, plus modéré, il met en lumière un mode de vie équilibré (si l’on fait abstraction de pratiques comme le « coup de soleil » artistique ! Tendance 2015, largement relayée par les réseaux sociaux). Plus parcimonieuse, l’exposition oriente vers de petits formats nomades, des gestuelles plus pratiques voire des leurres dorés… qui optimisent le temps-loisir ou une météo capricieuse.

> Défier la course du soleil
Pour ne pas avoir à réappliquer de la crème trop souvent, une technologie renforce la protection au contact des minéraux de l’eau ou de la transpiration grâce à des capteurs ioniques. Ainsi un bain de mer ou de piscine augmente la protection de 10% au lieu de la diluer. Certains sprays revendiquent même « une seule application par jour », avec un SPF 20 ou 30 qui durerait 10 heures avec ou sans contact avec l’eau !
Autre technologie adaptative, une nouvelle génération de solaires «intelligents» est capable de régler le niveau de protection en fonction de l’intensité de l’ensoleillement grâce à un complexe antioxydant qui accroît l’efficacité des filtres solaires en limitant leur dégradation. Et toujours pour gagner du temps, le lait après solaire s’applique sous la douche.

> Place à la multifonctionnalité
Aujourd’hui, la surenchère des revendications pousse le soin à s’enrichir de filtres rejoignant le solaire qui, de son côté, arbore nombre d’actifs complémentaires. Il semblerait que les marques y voient un moyen de se différencier, un intérêt économique et une praticité séduisante…
En effet, outre les coups de soleil, le consommateur de SPF redoute le risque de cancers et surtout le vieillissement cutané prématuré d’où l’intégration d’actifs anti-âge aux solaires pour lutter contre la dégradation du collagène. Dans cet élan, un solaire se doit également d’hydrater (compenser la déshydratation et la perte en sels minéraux), éviter les taches brunes et uniformiser le teint (limiter les processus de pigmentation anarchique), de rougeurs (minimiser l’inflammation). On y trouve parfois de la vitamine D, 80% de sa synthèse étant bloqués par un SPF 8 . Et d’autres soins plus spécifiquement liés aux méfaits du soleil méritent la présence concomitante d’actifs aux filtres : pour l’éclat des tatouages, le blanchiment ou contre l’hyper séborrhée réactionnelle et le risque d'hypersensibilisation croisée entre soleil et traitements anti-acnéiques.

Pour ce qui de l’étoile montante du soin, le segment des city defense s’arme, tout naturellement, de filtres solaires jusqu’à SPF 50, en plus d’actifs anti-agression et de galéniques anti-pénétration, anti-adhésion des particules polluantes, assurant un bouclier parfait. Et il est aussi question d’alléger la routine quotidienne quand le maquillage profite d’un blur SPF 30 ou 50 ou d’un contour de l’œil SPF 30 (formule teintée anhydre anti-migration, à base uniquement d'écrans minéraux pour ne pas irriter les yeux) qui fera office d’anti-cernes.
Aussi issus de la cosmétique « fusion », les produits « alphabets » multifonctionnels et hybrides dont le SPF est un bénéfice clef : la CC crème conçue pour protéger et réparer les cheveux avant, pendant et après l'exposition solaire, tout en illuminant la chevelure ou la BB crème pour les ongles qui blanchit, adoucit et protège et dont le filtre évite la décoloration.
 

Faire d’une pierre deux coups

Amincissant solaire :
Avec un SPF 15 ou 30, cette crème présente un complexe amincissant dont l’efficacité est boostée par la chaleur de l’astre solaire. Ainsi plus la silhouette bronze, plus elle s’affine !

Protections anti-petites bêtes :
Spray solaire ou lait réparateur après soleil enrichi en répulsif d’insectes volants, hydrate durablement pour sublimer la peau et conserver son intégrité.
Et pour une baignade plus sûre, une crème SPF 30 prévient de la piqûre de la plupart des méduses, orties marines et poux de mer. La présence de silicone et glycoaminoglycannes empêcherait les tentacules des méduses de coller à la peau et brouillerait leur système de reconnaissance, poussant l’agresseur à confondre sa proie avec lui-même !

 

Effets spéciaux

Plus du tout tabou, et ce d’autant plus qu’il est « dosable », l’auto-bronzant offre un rendu des plus naturels. Ainsi, en ajouter 2 ou 3 gouttes à son soin visage ou l’appliquer avant ou sous la douche procure un hâle graduel. Mais une alternative au faux bronzage est la stimulation « bonne mine » grâce à une technologie activatrice de mélanogénèse qui permet de bronzer mieux, avec des doses moindres de soleil… voire sans. Avant les vacances, cette « impulsion » génère un léger teint doré qui évite le comportement à risque des premiers jours d’exposition. Au retour, elle prolonge le hâle. Et en prime, elle renfloue les défenses anti-oxydantes de la peau pour prévenir le photovieillissement. Sous forme de spray, son utilisation nomade rafraîchit, protège, nourrit et réchauffe le bronzage naturel.
 

La nouveauté éveille les (bonnes) consciences

Non seulement l’indice s’envole avec, en Asie, Australie et Europe, des SPF culminant à 50+ (depuis la disparition de la mention « écran total ») voire même au delà de 100 aux USA mais le spectre de protection s’étend. Bien conscient des méfaits des UV-A et B, on vise désormais les IR : notamment les IR-A responsables du vieillissement, à cause des radicaux libres dont ils favorisent la sur-production, débordant les systèmes cellulaires naturels de régulation des mitochondries. Et même certaines longueurs d’onde de la lumière visible (de 380 à 780 nm, entre UV et IR soit 40% du spectre solaire) sont mises en cause dans le vieillissement accéléré de la peau. Responsables de plus de la moitié de la production des radicaux libres lors d'une exposition solaire, IR et lumière visible dégradent le derme et engendrent déshydratation et taches brunes, dont le masque de grossesse.

Ainsi des produits « ultra large spectre » se proposent d’absorber, de réfléchir l’ensemble des irradiations solaires et de neutraliser leurs effets délétères (avec, à chaque formule son cocktail idéal de filtres et d’anti-oxydants : vitamine C, ubiquinone 10, flavonoïdes végétaux, "mélanine fractionnée"…) pour protéger l’ADN cellulaire. Certains vont jusqu’à remettre en cause l’étiquetage des classiques SPF pour un indice de protection plus général prenant en compte les IR et le visible, renseignant sur le photovieillissement. Un jour peut-être, formulera-t-on des protections d’intérieur contre l’éclairage domestique et la lumière bleue de nos écrans ?
Sans oublier que des produits plus propres contribueraient aussi à la tranquillité d’esprit du consommateur : utiliser des packs recyclés, des ingrédients biodégradables et surtout, des filtres chimiques inoffensifs pour le récif corallien.
 
> Campagne de prévention
Des actions de santé publique telle la consultation gratuite de dermatologues bénévoles relayée par l’application nommée SoleilRisk, sont astucieusement complétées par celles de marques, comme cette vidéo de prévention, décalée et émotionnelle, invitant à rechercher et surveiller les grains de beauté grâce à des dalmatiens.
 
> Innovations biométriques et sensibilisation
Pour sensibiliser le public, il faut montrer. Ainsi des dispositifs tels bracelets connectés ou patchs interactifs électroniques (ou juste en papier, TiO2 et colorant alimentaire, sans besoin de smartphone) mesurent l’intensité de l’exposition. Mais pour mieux prendre conscience du risque, un artiste engagé et pionnier du tournage en caméra UV a filmé des visages non protégés exposés au soleil. Il dévoile taches brunes et brûlures partielles, absolument invisibles à l’œil nu, démontrant visuellement à l’intéressé que la crème solaire est essentielle.
 
> Communication et éducation
Différentes initiatives pour les enfants ont vu le jour, sur les plages : distribution de poupées conçues dans un plastique qui, sans protection, rougit, figurant un bon coup de soleil. Egalement, des surveillants pilotent à distance un drone déguisé en mouette qui largue de la crème solaire sur les enfants mal protégés. Plus ludique, une glissade sur le toboggan équipé de buses pour s’asperger de crème !
A mesure que le principe de précaution solaire s’amplifie, l’offre ne cessera de s’améliorer et de se sophistiquer pour transformer la protection en un geste de raison hédoniste. Espérant même, à l’instar de l’ultra-performant avion solaire du descendant du Pr Tournesol, pouvoir concevoir un solaire uniquement grâce à cette énergie inépuisable. A quand un cosmétique qui ne polluerait ni lors de sa fabrication, de son acheminement ou de son utilisation ? Naviguant aussi la tête dans les étoiles, les cosmétologues sont capables de grandes révolutions !
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