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Vert-vert... ou vert ?!

Entre ce qui est bio, naturel, sans-tout, sans-rien… Il est parfois difficile de décrypter ce que « vert » signifie. Qui fait quoi ? Qui est qui ? Entre effort d’harmonisation et guerre entre cosmétique conventionnelle et biologique, et à l’heure où le « Greenwashing » est pointé du doigt et où la confiance est de mise, voici un petit précis de réglementation aussi bio que bon !
 

Le label Ecocert versus Cosmos

Ce sont des mots que l’on connait mais on ne sait pas toujours bien ce qui s’y cache ! Voici quelques clés pour y voir plus clair.
Premièrement, Ecocert est un terme qui est quasiment entré dans le langage commun ! Le consommateur sait l’identifier mais pas toujours qui-quoi-qu’est-ce. Et bien, Ecocert c’est, en fait, un organisme de certification privé et français qui contrôle et délivre les certifications bio des produits selon un cahier des charges, qu’il a lui-même défini dans les années 2000 (en collaboration avec un groupe de responsables d'entreprises cosmétiques qui donnera ensuite naissance à l'association professionnelle française Cosmebio).
Un produit cosmétique labellisé Ecocert contient des ingrédients provenant de ressources renouvelables et transformés selon des procédés respectueux de l'environnement. Les ingrédients d'origine animale sont interdits sauf s'ils sont produits naturellement comme le lait ou le miel. La biodégradabilité et le recyclablilité de l’emballage est aussi un critère important pour l’obtention d’un certificat Ecocert. Il existe d’ailleurs deux types de labels Ecocert :
  • Le premier portant la mention cosmétique biologique >> au minimum 10% d'ingrédients issus de l’agriculture biologique et dont 95% (minimum) des ingrédients végétaux sont issus de l’agriculture biologique,
  • Le second cosmétique écologique >> 50% minimum des ingrédients végétaux de la formule sont issus de l’agriculture bio et 5% minimum du total des ingrédients également.
 

Cosmebio, cosmé… Quoi ?

Contrairement à Ecocert, il ne s'agit pas d'un organisme de certification mais d'une association professionnelle française. Ses adhérents sont des fabricants de cosmétiques déjà certifiés bio. Ils ont mis au point une charte reprenant les grandes lignes du cahier des charges d'Ecocert, intitulée "Charte Cosmébio". Et ils peuvent apposer sur leurs emballages le logo de l’association.


Ecocert c’est bon mais alors c’est quoi COSMOS ? La norme COSMOS (COSMetic Organic Standard) est un label, une norme privée à échelle européenne, qui a pour objectif de « définir des exigences minimales communes, d’harmoniser des règles de certification des cosmétiques biologiques et naturels et de faire du lobbying auprès des institutions afin de défendre la filière ». Ce sont cinq organismes européens, réunis en AISBL (association internationale basée à Bruxelles), qui sont à l’origine de ce label, appelé aussi label Cosmos Organic :

  • Ecocert Greenlife SAS : organisme de certification indépendant et français, leader mondial de la certification en agriculture biologique et cosmétique biologique
  • BDIH : association fédérale allemande des entreprises commerciales et industrielles pour les médicaments, les produits diététiques, les compléments alimentaires et les soins corporels • Cosmebio : association professionnelle française de cosmétique écologique et biologique
  • Soil Association : association de consommateurs au Royaume-Uni
  • ICEA : principal organisme de certification indépendant de cosmétiques naturels en Italie.
 

Petit rappel

Il existe une liste précise d’organismes accrédités pour certifier des cosmétiques selon le référentiel Cosmos. Ecocert Greenlife est l'un d'entre eux. Il en existe d’autres en Europe et dans le Monde. En France, on trouve également : Bureau Veritas Certification, Cosmecert SASU.
A noter : il n'y a pas de logo Cosmos à proprement parler. Chaque organisme certificateur appose son logo et en-dessous une mention "Cosmos Natural" ou "Cosmos Organic". Depuis le 1er janvier 2017, la mention Cosmos Organic est obligatoire pour tous les nouveaux produits cosmétiques bio. Concrètement, un cosmétique labellisé bio, doit être certifié non plus selon les référentiels français Bureau Veritas ou Ecocert mais selon le référentiel européen « Cosmos Organic ».


Depuis le 1er janvier 2017, la mention Cosmos Organic est obligatoire pour tous les nouveaux produits cosmétiques bio. Concrètement, un cosmétique labellisé bio, doit être certifié non plus selon les référentiels français Bureau Veritas ou Ecocert mais selon le référentiel européen « Cosmos Organic ».Ils doivent donc répondre à un cahier des charges qui permet d’offrir des garanties identiques à tous les consommateurs européens : ce nouveau cahier des charges possède deux critères inédits :
  • Les crèmes et les produits non moussants devront contenir plus de 20% d’ingrédients bio
  • Les produits rincés tels que les shampoings devront en renfermer plus de 10% (prenant en compte l'eau contenue dans les flacons)
Dans la continuité de l’ancien cahier des charges d’Ecocert, chaque produit certifié bio devra renfermer 95 à 100 % d’ingrédients naturels (moins de 10 ingrédients non naturels sont autorisés et listés) et 95 à 100 % d’ingrédients bio sur l’ensemble des ingrédients végétaux.
 

Et au niveau mondial ?

La norme ISO 16128 a vu le jour en 2016 par la publication de sa première partie consacrée à la définition des ingrédients et qui détaille les critères qui font qu'un ingrédient peut être considéré comme « biologique », « dérivé biologique », « naturel » ou « dérivé naturel ». Fin septembre 2017, une seconde partie a été publiée dans l’objectif de présenter ses « lignes directrices relatives aux définitions techniques et aux critères applicables aux ingrédients et produits cosmétiques naturels et biologiques ». A l’origine de cette création, une volonté d’harmonisation internationale afin que tous les acteurs internationaux de la cosmétique parlent le même langage.

Ce texte marque donc un tournant dans le monde de la cosmétique biologique, mais elle ne suscite pourtant pas que des éloges et devient même l’objet de polémiques. Premièrement, les représentants de la cosmétique biologique labellisée dénoncent une norme faite par et pour l'industrie conventionnelle. Le risque inhérent à cela serait une baisse notable de la qualité et des exigences du bio au niveau mondial. Il existerait aussi de nombreux manques dans cette norme, ce qui profiterait également aux personnes initialement peu soucieuses de ce marché. De nombreux autres points sont encore sources de discorde pour un outil dont on va entendre parler longtemps. Néanmoins, l’harmonisation est en marche…

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