Peaux et activité /

Tout un film !

La formulation solaire, toujours plus exigeante en termes d’efficacité se tourne vers diverses solutions pour mieux protéger les épidermes. La mise au point de nouvelles méthodes d’évaluation est une des voies explorées par Gattefossé. Ces études qui utilisent un appareil photo UV, lèvent le voile sur la durabilité et l’homogénéité de différents types de protections solaires en outrepassant les clichés !
 

Que reste-il de notre film ?

Aujourd’hui nous sommes capables de mettre au point des produits solaires avec une sensorialité agréable et des indices SPF élevés. Pourtant le mésusage des produits solaires par le grand public demeure difficile à anticiper : trop peu de produit appliqué sur la peau, des applications trop peu fréquentes, des comportements dégradant ce film protecteur (2000 à 3000, c’est le nombre de fois que nous nous touchons le visage dans une journée)… Que reste-t-il alors en réalité de ce niveau de protection affiché sur les packs ? Le laboratoire d’application de Gattefossé s’est posé cette question et, équipé d’un appareil photo UV, a mis en place plusieurs études exploratoires.
 

Matériels et protocoles

L’appareil photo utilisé, à l’origine ordinaire, a été modifié, en collaboration avec la société Newtone Technologies, pour obtenir un système de visualisation en UVA. Ses capteurs ont été, en effet, remaniés pour supprimer la lumière visible et ne garder que les spectres intéressants pour ces investigations. Par ailleurs, l’éclairage, lors de la prise de clichés, se fait alors grâce à l’utilisation d’une lampe UVA. Le panel participant à ces études, conduites de mars à juillet 2017, était constitué de femmes et d’hommes, âgés de 27 à 50 ans, et dont le phototype s’étendait de I à IV. Après avoir appliqué sur le visage chaque formule à tester, « en quantité ressentie comme suffisante pour protéger efficacement », des photos ont été prises à t0, t+3h et t+6h.


Objectifs et résultats

Ces études ont eu pour objectif d’explorer, de différentes façons, l’homogénéité du film protecteur et sa rémanence suivant la galénique utilisée.
Par exemple, trois formules ont été testées, dans les conditions décrites précédemment : un mist (SPF 50 / UVA-PF > 16), un cushion (SPF 50+ / UVA-PF 8-16) et une crème (SPF 50 / UVA-PF > 16). La quantité de produit appliquée spontanément par le paneliste est quantifiée à chaque fois.
Ce qu’il faut retenir de ces premières études qualitatives, c’est d’abord qu’une application avec les doigts (plutôt qu’avec un spray ou un applicateur) donne une meilleure homogénéité du filtre protecteur sur la peau. Ensuite, la quantité réellement appliquée par les panélistes se situe entre 0,1 et 0,4 g sur l’ensemble du visage soit environ 0,2 à 0,8 mg/cm², bien loin des 2 mg/cm² requis par les tests in vivo. En outre, quel que soit le type de produit utilisé, les utilisateurs évitent le contour de l’œil, une zone pourtant fragile.
Une autre étude, comparant différentes formes galéniques, toutes aux mêmes SPF et UVA-PF, (émulsion H/E, émulsion E/H et bi-gel) a mis en évidence une rémanence plus importante du film avec l’émulsion de type E/H. De surcroît, l’effet layering, a également été testé. Il semblerait que l’application d’une crème hydratante avant la protection solaire, améliorerait la durabilité du film de cette dernière.
Nous avions déjà pu mettre en évidence l’intérêt de l’introduction de seulement 1% d’Acticire® pour améliorer la sensorialité tout en annihilant le toucher collant et gras de certaines formules. Aujourd’hui, une étude utilisant également cet appareillage photo UV prouve que la rémanence du film protecteur est nettement optimisée grâce à cette cire estérifiée.

Discussion et conclusions

L’utilisation de cet outil présente certains avantages et inconvénients. Il est facile à utiliser et les résultats sont immédiatement visualisables, sans aucun traitement d’image a posteriori. À noter, ces études se révèlent plus intéressantes sur des phototypes clairs que foncés (phototype I à III max). Enfin, cette visualisation met en évidence l’absorption des UV et non leur dispersion. Il est donc nécessaire que la protection ne soit due qu’à des filtres organiques.
A l’avenir Gattefossé envisage des investigations complémentaires, toujours en collaboration avec la société Newtone Technologies, sur la quantification de la variation observée visuellement. Comprendre l’impact du climat (chaleur et humidité, simulées par l’utilisation d’une salle tropicale), et étudier, en profondeur, différents systèmes émulsionnants et leurs rôles dans la protection solaire, font aussi partie des prochaines préoccupations de Gattefossé.
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