Peaux et activité /

Tendres peaux

En matière de produits cosmétiques, bébés ou enfants n’ont pas les mêmes besoins que les adultes et pour cause : leur peau est très différente.
Une réalité biologique qu’il est nécessaire de rappeler…

La peau de bébé

Souple et tendre, d'un toucher soyeux, presque onctueux, la peau de bébé est aussi particulièrement fragile. Après avoir baigné dans le cocon sécurisant du liquide amniotique, elle ne dispose que de peu d'armes pour affronter un monde nouveau.

Une peau encore biologiquement immature

Une surface de construction psychique et d’expression

Organe sensoriel par excellence, c'est par sa peau, par les caresses qu'il reçoit que le bébé prend contact avec le nouveau monde qui l'environne, avant même de voir et d'entendre. C'est ainsi que les gestes tendres de sa maman l'enveloppent d'un sentiment de sécurité et de bien-être. C'est aussi par sa peau qu'il exprimera un éventuel mal-être -intolérance digestive, poussée dentaire...- qui s'extériorisera alors par des petits boutons diffus, des plaques rouges...
A l'inverse, les instants de toilette, ainsi que les doux massages faits de pressions stimulantes et rassurantes, seront des instants privilégiés d'un contact peau à peau transformé en véritable dialogue émotionnel.

De petits maux très fréquents

Encore parée à l'accouchement de résidus de vernix caseosa, substance grasse blanchâtre qui l'isolait de l'environnement foetal, la peau de bébé se met à sécréter beaucoup de sébum durant quelques semaines (crise séborrhéique), donnant lieu parfois à des croûtes de lait.
Puis tout rentre dans l'ordre, la sécrétion de sébum restant même à un niveau très bas. De ce fait, son film hydrolipidique est insuffisant pour la protéger de toutes les agressions qui se répètent tout au long de la journée : chaleur, transpiration, humidité, frottements des couches... Cette peau alors plutôt sèche devient hypersensible et facilement irritable, très sujette aux irritations et rougeurs surtout au niveau des plis. D'où la nécessité de soins attentifs et délicats.
Au cours du premier trimestre de la vie, 10 à 30% des bébés pourront développer un eczéma sur un fond cutané particulièrement sec : il s'agit d'un eczéma constitutionnel, ou dermatite atopique. Cette affection évoluera de manière imprévisible, par poussées entrecoupées de phases de rémission, jusqu'à l'âge de 8-10 ans. 60% des nourrissons seront quant à eux affectés d'érythème fessier, l'une des dermatoses les plus répandues, souvent secondaire à une irritation de contact. La peau sera irritée, rouge, voire érosive.


La peau du jeune enfant

Vers une peau adulte normale

La peau de l'enfant jeune diffère en fait très peu constitutionnellement de celle de l’adulte, acquérant progressivement les caractéristiques de celle-ci tout au long de l'enfance. Elle est une peau on ne peut plus "normale", mais qui le sera de moins en moins au fil des années.
Tant que les modifications hormonales ne s'y expriment pas, c'est une peau fine, régulière, lisse, veloutée, souple, ferme et tonique, sans rides, ni taches pigmentaires. Elle présente toutefois des spécificités…
A partir de un an, la peau enfantine dispose de toutes les facultés d'adaptation au froid, à la chaleur, mais elle aura malgré tout tendance à se déshydrater en toutes circonstances, et ce jusqu'à la puberté, du fait d'un film hydrolipidique peu riche en sébum.
Ainsi durant la petite enfance, son défaut de lubrification rend la peau sèche et sujette aux gerçures dès que le froid survient.
Du fait de la vulnérabilité de la peau enfantine, certains produits chimiques sont susceptibles de franchir la barrière épidermique, d’où les polémiques autour de certains ingrédients (parabens, phénoxyéthanol, parfums de synthèse, colorants, huiles essentielles…). Les laboratoires préconisent ainsi de plus en plus à cet âge l'utilisation de produits d'hygiène et de soins extrêmement doux, sans molécules sujettes à caution.
De même, le système mélanocytaire n'atteignant sa maturité qu'aux alentours de la puberté, cette peau fine est particulièrement vulnérable à l'assaut des rayons ultraviolets. Sa photo-protection lors des expositions aux UV est donc une priorité.
Ce n'est qu'à partir de 8-9 ans que la peau du jeune enfant et ses annexes (glandes sébacées et sudorales) atteignent leur complète maturité anatomique et fonctionnelle. Dès l'âge de 7-8 ans, elle devient plus riche en sébum du fait de la montée des sécrétions hormonales.


Des perturbations mineures en général

7 à 28% des enfants en Europe pourront être affectés de dermatite atopique, l'un des motifs les plus fréquents de consultation chez les dermatologues, en forte expansion. Sécheresse de la peau, irritations, démangeaisons et sensations d'inconfort en sont les principales manifestations, avec un risque de surinfection due à l'altération de la barrière cutanée. Après 2 ans, les lésions sont plus spécifiquement localisées aux plis et aux extrémités. Une amélioration peut apparaître vers 3 ans, ou encore après 7 ans. Vers 10-11 ans, une majorité d'enfants ne présenteront plus d'eczéma. Les soins émollients sont les plus indiqués en traitement de fond, ainsi que des produits de toilette extrêmement doux, surgraissants, sans savon.
A la pré-puberté, qui de nos jours peut être très précoce chez certains enfants (classiquement 12-13 ans pour les filles, 14-15 ans pour les garçons), les hormones sexuelles commencent à faire leur oeuvre sur les sécrétions sébacées et sudorales, avec d'inévitables désagréments inesthétiques, du type petits boutons sur le visage, parfois sur les épaules et le dos. A cette période, la peau devient quoiqu'il en soit plus épaisse, et plus "grasse".
A lire aussi