Peaux et activité /

Mesurer l'hydratation

"On entend par produits hydratants les produits destinés à améliorer ou maintenir l’équilibre en eau de l’épiderme", d’où la notion d’hydratation des couches superficielles de la peau.
L’hydratation étant liée à la beauté cutanée en général, les marques ne lésinent pas sur cette revendication : effet hydratant 24h, 48h et même récemment 72h, mais attention à la méthode utilisée, elle conditionne aussi la revendication.

Méthodes : les grands classiques

Pour mesurer les bénéfices hydratants d’un produit cosmétique, certaines méthodes largement reconnues sont privilégiées. Standardisées, les mesures se font suite à une période d’acclimatation et de relaxation des panélistes, dans des conditions contrôlées en termes de température et d’humidité relative, sur des zones précises, répétées plusieurs fois afin de limiter les variations liées aux conditions environnementales (transpiration, variabilité inter-individuelles…) et à l’utilisateur.

La cornéométrie

Cette méthode, basée sur les principes de conductivité électrique de la peau, permet de déterminer l’état d’hydratation des couches supérieures de l’épiderme. Il existe une relation directe entre le contenu en eau libre de la peau et sa capacité électrique ou capacitance. Le cornéomètre mesure cette capacitance des couches les plus superficielles de l’épiderme, à l’aide d’une sonde tenue perpendiculairement à la peau avec une pression constante. Les résultats sont exprimés en unités arbitraires et désignent un Indice d’Hydratation (IH) pouvant aller de 0 à 120/130, de la peau très sèche à hydratée. Une étude standard de cornéométrie se fait généralement sur un panel de 10 à 12 personnes minimum. Les mesures peuvent être effectuées à des temps différents, choisis selon la revendication souhaitée (T0 avant application des produits, T4h, T8h, T24h…).

Revendications

En fonction du niveau de gain d’hydratation à un temps T par rapport au temps initial et aux variations enregistrées au niveau de la zone témoin, différentes allégations peuvent être revendiquées : "Hydratation des couches supérieures de l’épiderme" (T4h), "Hydratant longue durée" (T8h), "Rémanence de l’effet hydratant" (T24h)… Au-delà de 24h, les conditions de la méthode peuvent différer d’une société à l’autre.
Testé avec cette méthode : Acticire®, Gatuline® RC, Lyco-Sol®

Mesure de la perte insensible en eau (PIE)

La Perte Insensible en Eau (ou Trans Epidermal Water Loss / TEWL) correspond à la diffusion passive d’eau à travers la couche cornée, de l’intérieur du corps vers l’extérieur.
Sa mesure permet d’apprécier l’intégrité de la fonction barrière. Lorsque celle-ci est altérée (cas des peaux sèches), le flux d’eau vers le milieu extérieur s’intensifie augmentant la PIE. L’influence positive d’un produit hydratant (amélioration de l’état de la barrière cutanée et/ou pouvoir occlusif) se traduit par une diminution de la PIE jusqu’à une valeur basale.
On utilise des appareils munis d'une sonde délimitant une chambre cylindrique au contact de la peau pour mesurer le gradient de vapeur d’eau établi à la surface cutanée, chambre qui peut être soit ouverte (Tewamètre), soit fermée (Vapomètre) afin de s’affranchir au moins partiellement des variations des conditions environnementales. L’unité de mesure est le g/m²/h.

Revendications

Les allégations associées dépendent du niveau de diminution de la PIE et du type de protocole utilisé : "Limite la perte insensible en eau", "Améliore la fonction barrière", "Anti-desséchant", "Préserve l'hydratation naturelle de la peau", "Protecteur", "Réparateur".
Testé avec cette méthode : Acticire®, Gatuline® Skin-Repair BIO

L’autoévaluation et le scorage

Il s’agit d’une analyse sensorielle réalisée soit par un dermatologue ou des évaluateurs entraînés (scorage) soit par des panélistes eux-mêmes (auto-évaluation) pour déterminer l’état d’hydratation de la peau à l’aide de d’échelle en x points / scores. Le questionnaire d’auto-évaluation permet également d’évaluer le ressenti des panélistes quant aux caractéristiques organoleptiques (sensation agréable après l’application, confort…) et aux performances cosmétiques (hydratation ressentie, souplesse de la peau...).

Testé avec cette méthode : Acticire®, Lyco-sol®

 

Les tests complémentaires

Plus pointues et/ou récentes, ces méthodes sont utilisées pour l’objectivation poussée d’ingrédients ou formules aux propriétés hydratantes.

Mouillabilité cutanée

Le degré d’étalement de l’eau sur une surface est un indicateur de sa tendance hydrophobe ou hydrophile. Par conséquent toute modification de l’angle de contact d’une goutte d’eau (θw) traduit un déséquilibre de cette balance.
La surface cutanée est à tendance hydrophobe (θw~90° au niveau de l’avant-bras). Dans le cas de la peau sèche (plus hydrophobe), l’affinité avec l’eau peut diminuer, augmentant l’angle de contact.

Etude du Réseau Micro-Dépressionnaire (RMD)

Le réseau micro-dépressionnaire (RMD) donne une image de l’état d’hydratation de notre peau en analysant son état de surface. Celui-ci est composé de sillons visibles au microscope (lignes primaires et secondaires délimitant des polygones plus ou moins réguliers). Le RMD a tendance à se déstructurer en cas de déshydratation, et son aspect de surface est altéré par la présence de squames. Pour évaluer le RMD, on réalise soit des strippings évalués par microscopie optique, soit des empreintes cutanées analysées à l’aide de la technique des ombres portées ou par projection de franges. La « photographie » de l’état de surface cutanée obtenue est ensuite comparée à celle du T0 (avant l’application du produit).

Revendications

"Restructurant", "Nourrissant"
Testé avec cette méthode : Acticire®

Spectroscopie Raman

La spectroscopie Raman est une méthode non destructive d'observation et de caractérisation de la composition moléculaire et de la structure externe d'un matériau. Elle consiste à focaliser un faisceau de lumière monochromatique sur l’échantillon à étudier et à analyser la lumière diffusée en retour : les photons incidents sont détruits et leur énergie sert à créer des photons diffusés pour créer ou détruire des vibrations dans l’échantillon étudié. Elle a récemment été adaptée à l’observation in vivo de la peau, permettant une étude quantitative et à différentes profondeurs (épiderme, derme) de sa composition en eau et/ou en composants du NMF. Par conséquent, elle permet de caractériser l’état de sécheresse / hydratation de la peau.
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