Peaux et activité /

La peau sous influence climatique

Inde ou Chine, ces immenses territoires connaissent des climats très contrastés. Ainsi en Inde, le climat est tempéré dans le nord, avec même des chutes de neige continues dans les montagnes de l’Himalaya en hiver ; et équatorial dans le sud, balayé par les vents humides de la mousson d'été, avec de fortes précipitations entre juin et septembre.
La Chine du nord peut connaître en hiver un froid rigoureux et sec, tandis que la Chine du sud est soumise à une chaleur tropicale très humide.
Loin de là, sous les cieux ensoleillés du Brésil, le climat tropical chaud et humide est de règle sur la majeure partie du pays.
Soleil ardent, températures élevées, ou à l'inverse froidure extrême et sécheresse… dans de telles conditions climatiques, la peau n’aura pas du tout le même comportement !

Un sujet brûlant…

La chaleur joue un rôle important dans l'hydratation cutanée. Lorsque la teneur en eau de la couche cornée, normalement de 13%, n'est plus que de 10% : la déshydratation apparait.
Dans des conditions de températures extrêmes, la peau se déleste facilement de son eau libre, celle-ci diffusant du derme vers l'épiderme, puis s'évaporant par perspiration insensible (environ 600 ml par jour).
Ainsi, lorsque la température augmente de 10°C, la perspiration insensible est multipliée par 2. Un phénomène encore accru pour les peaux noires si l'on considère certaines études démontrant que ces types de peau ont une perspiration insensible plus élevée que les peaux blanches dans les mêmes conditions. De plus, par forte chaleur, la sudation se déclenche -un mécanisme réflexe de thermorégulation, accroissant encore la perte en eau. Au contraire, par froid intense, les sécrétions sébacées diminuent, réduisant la quantité et la qualité du film hydrolipidique à la surface de la peau. Cette émulsion E/H naturelle est pourtant indispensable : en formant une couche protectrice sur la peau, elle permet notamment de limiter la perte insensible en eau. Ce déficit de film hydrolipidique induit par le froid rend ainsi la peau sèche et déshydratée.

Et "EAU"tement sensible !

En plus de la température, le taux d’humidité contenu dans l’air va lui aussi jouer un rôle-clé vis-à-vis de l’état de la peau, influençant à la fois perte insensible en eau et coefficient de friction.
En effet, plus l’air est saturé en eau, moins l’eau contenue dans la peau va s’évaporer vers l’extérieur. En parallèle, le coefficient de friction de la peau augmente, modifiant le toucher de la peau et induisant une sensation de saturation et de lourdeur. Un ressenti qui peut être amplifié par l’application d’un soin devenant alors désagréable. Une formule contenant des ingrédients hydrophiles, type glycols, attirera davantage la vapeur d’eau ambiante.
A l’inverse, dans les régions sèches, la peau peut aussi se déshydrater dramatiquement...

Humidité relative vs humidité absolue

Le taux d’humidité donné par la météo est en fait un taux d’humidité relative. Il est défini comme le rapport de la quantité de vapeur contenue dans l’air sur la quantité maximale de vapeur d’eau que l’air peut contenir. Or, plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau. A humidité relative égale, l’air contient donc beaucoup plus de vapeur d’eau à Rio qu’à Paris. Il est alors plus intéressant de se pencher sur l’humidité absolue, définie comme la masse de vapeur d’air par m3 d’air total.

Des textures "géoclimatiques" ?!

Inutile de préciser que les textures et crèmes hydratantes formulées pour nos régions ne sont pas adaptées à ces territoires. Dans ces conditions atmosphériques particulières, elles seront soit insuffisamment hydratantes, soit trop "lourdes" côté textures. Ainsi la chaleur humide appellera des textures légères, fluides, avec un fini mat et évanescent, tandis qu'à l'opposé, par temps froid et sec, les textures hydratantes riches, mais toujours non grasses, seront préférées.
Outre ces considérations sensorielles, de récentes études ont démontré que l'humidité et la température ambiantes ont une influence importante sur la pénétration cutanée de certains ingrédients actifs, pouvant la freiner, ou l'accélérer. D'où l'importance d'étudier en amont calibrages de textures et potentialités de pénétration selon les conditions climatiques visées...
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