Peaux et activité /

Focus sur la peau en milieu urbain

La prise de conscience des méfaits de la pollution sur notre planète, redoublée de l’impact connu sur la santé, conduisent l'univers cosmétique à s’en préoccuper aussi. La beauté de la peau n'échappe en effet pas à cette pollution environnementale. Si les marques s'en sont préoccupées de longue date, les études sur le sujet ainsi que la connaissance de ce mal et de ses méfaits les aident aujourd’hui à mieux l'en préserver.

Pollution : santé et peau, même combat

Polluants en suspension dans l’air, émissions photo-oxydantes, ozone, gaz d'échappement, tabac... Chaque jour notre mode de vie urbain expose l'ensemble de notre organisme à des risques croissants, mettant à mal notre bien-être. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tire même la sonnette d’alarme : selon elle, la pollution est aujourd’hui le plus grand risque environnemental pour la santé. De nombreuses études corroborent désormais ce que les observations empiriques permettaient déjà de suggérer : l’exposition aux polluants atmosphériques et domestiques engendre une probabilité accrue de problèmes cardiaques, vasculaires, pulmonaires et de divers cancers. 8,4 millions de personnes mourraient ainsi chaque année.
Notre peau, comme nos poumons, subit frontalement les effets délétères de ces facteurs environnementaux.


Au plus près de la peau

Les diverses pollutions altèrent notre épiderme, détériorent son bel équilibre : c'est un fait. Il semble globalement que les effets d'une pollution intensive subie à long terme se concrétisent in vivo par une perte d'éclat, une chute de l’hydratation cutanée, l’éruption de rougeurs ou d’acné… et surtout un vieillissement prématuré. On a pu analyser entre autres, que les femmes vivant en zones urbaines arborent sur leur visage des rides plus profondes, ainsi que des taches pigmentaires présentes en plus grand nombre, que celles vivant dans les campagnes.
Même si nul n'en doutait, nombre d'études épidémiologiques et d'expériences sur modèles cellulaires ont permis d'étayer scientifiquement ces observations. Divers travaux (américains, français...) ont en effet montré que l’exposition à une atmosphère chargée en ozone et en polluants génère un stress oxydatif, avec flambée de radicaux libres et réduction du niveau d’antioxydants clés cutanés telle la vitamine E.
Plus de 25 ans auparavant, des recherches à visée cosmétique de l'Université de Bordeaux parvenaient à mettre en évidence, sur cultures de cellules de peau humaine, que des métaux issus d'une atmosphère polluée (le plomb, le mercure, le cadmium, qui sont parmi les polluants atmosphériques les plus toxiques) attaquaient les membranes cellulaires, les fragilisant.
D’autres travaux démontrent une baisse de l'oxygénation tissulaire, la présence de squalène oxydé dans le sébum, l'accumulation au sein du stratum corneum de protéines toxiques (protéines carbonylées) ainsi que de métaux lourds et d'infimes débris.
La fumée de tabac est, elle aussi, source de détériorations supplémentaires pour les tissus. Outre le fait de ternir et d’amincir la peau, le tabac induit à petit feu les mêmes réactions toxiques que les UV, et en particulier une peroxydation des lipides cutanés, affectant leur fonction de protection contre la déshydratation.

Au scanner de la science

Jusqu’à maintenant, les études scientifiques se sont attachées à démontrer l’impact de la pollution sur un certain nombre de fonctions cutanées ou sur la teneur en molécules clés servant d’indicateurs (squalène, acide lactique, vitamine E…). Le champ des travaux permettant d’identifier les mécanismes d’action mis en jeu est, quant à lui, encore très vaste, mais des travaux scientifiques récents commencent à arriver.
Les facteurs environnementaux semblent, par exemple, agir selon un mécanisme commun impliquant le récepteur des hydrocarbures aromatiques AhR (Aryl Hydrocarbon Receptor), présent sur plusieurs types de cellules cutanées : kératinocytes, fibroblastes, mélanocytes et cellules de Langerhans. Ce serait l'activation de ce récepteur sous l'effet de ces facteurs et des UVB qui déclencherait au sein des cellules l'expression de différents gènes contrôlant tant les réactions liées au stress oxydatif, que l'induction de la pigmentation ou de l'inflammation, l’immunosuppression, le vieillissement prématuré...
Par ailleurs, des recherches très en pointe associant l'Inserm et le CNRS ont élucidé, in vitro, un mécanisme moléculaire à l'origine du phénomène de « l'effet cocktail » : à savoir que certaines substances chimiques, prises isolément, sont sans danger, mais deviennent nocives lorsqu'elles sont associées à d'autres. Ce serait le cas des molécules désignées comme « perturbateurs endocriniens » : leur combinaison dans des mélanges polluants complexes exacerberait leur toxicité. Ainsi deux composés très faiblement actifs par eux-mêmes se fixeraient simultanément à un même récepteur dans le noyau des cellules, la fixation du premier favorisant la liaison du second, d'où une activation synergique de ce récepteur. Obtenus in vitro, ces résultats ouvrent la voie à un large champ d’études dans la mesure où il existe dans notre environnement environ 150 000 composés, dont l’action combinée pourrait avoir des effets redoutables sur la santé humaine, y compris sur la peau...

Quels axes clés pour lutter contre la pollution ?

Comme décrit précédemment, il existe beaucoup de travaux (et de très nombreux suivront!) menés pour déterminer l’impact de la pollution sur la peau. Le sujet étant complexe, afin de mettre en place une stratégie pratique en termes de construction de formules, la société L’Oréal a notamment mené, entre 1998 et 2008, des études successives grandeur nature pour mettre en évidence les grands axes d’action à privilégier. L’exposome a pu (ou pas) être analysé mais le but était davantage de se focaliser sur les changements et impacts pour la peau liés à la pollution globale, que de prédire de l’effet d’une molécule polluante en particulier. Cette enquête a mis en œuvre dans un premier temps une étude préliminaire sur 1 sujet s’exposant à la pollution dans Paris, puis une étude pilote sur 8 sujets vivant dans Paris ou en dehors de la capitale (à Neauphle-le-Château), puis 2 études plus larges dans des pays où les métropoles sont très polluées : Mexico City (96 sujets) versus Cuernevaca (93 sujets) et dans deux zones de Shanghai (160 personnes). De nombreuses différences ont pu être mises en avant entre les zones/sujets exposés à la pollution et les zones/sujets préservés. Ainsi 4 axes majeurs d’action ont pu être dégagés : l'hydratation et la lutte contre le stress oxydatif, la sur-sécrétion de sébum et la sensibilité cutanée accrue.

Deux solutions incontournables

Le mode de vie urbain (pollution, stress, alimentation déséquilibrée…) a tendance à déréguler les fonctions essentielles de la peau, à la rendre plus grasse et plus facilement sujette aux imperfections. Pour lutter contre ces désagréments, Cytobiol™ Iris A² mise sur la synergie de trois composants actifs (iris astringent, vitamine A correctrice et zinc sébo-régulateur). Son effet multi-perfecteur de peau a été prouvé à 5% grâce à une évaluation clinique complète : effet purifiant (activité bactériostatique + diminution du nombre de pores infectés par les porphyrines mesuré par le Visiopor® in vivo), action anti-imperfections, anti-brillance et affinant le grain de peau (mesures Visioface® + scorage dermatologique + auto-évaluation). Entre autres résultats positifs, 100% des panélistes déclarent leur peau apaisée, un atout de plus lorsque l’on sait que la peau est sensibilisée par la pollution. Pendant les pics de pollution, on observe en effet couramment une recrudescence des dermatoses, dermatites, eczémas et hyperréactivité cutanée (peau qui tire, picote, réagit avec excès...). Dans ce registre, Emulium® Mellifera a d’ailleurs récemment montré son intérêt lors d’une étude clinique sur peaux sensibles et hypersensibles (panélistes Stinger positif). Une formule développée avec 4% de cet émulsionnant a en effet mis en évidence son efficacité apaisante immédiate (-29%) et sur le long terme (-45%). Un double effet indispensable pour diminuer le seuil de sensibilité cutanée et aider la peau à faire face à un environnement agressif.

Des polluants multiples

On parle souvent de LA pollution, mais celle-ci regroupe de nombreux composés chimiques. On y retrouve des polluants atmosphériques issus des gaz d’échappement (monoxyde de carbone CO, dioxyde de soufre SO2, hydrocarbures...), des émissions liées aux combustions (ex. dioxyde d’azote NO2), de l’ozone (O3) formé à partir de polluants transformés par les rayons ultraviolets… La pollution compte aussi des particules solides plus ou moins fines, de compositions chimiques diverses selon leur origine, celles-là même qui génèrent une brume fréquente dans l'air des grandes villes. A partir d'une taille inférieure à 2,5 micromètres (PM 2,5), les experts avancent que ces particules fines sont susceptibles de gagner les alvéoles pulmonaires et les moindres recoins cutanés, comme les pores. La fumée de cigarette, avec plus de 4000 substances différentes, dont une quarantaine sont classées cancérogènes, constitue également une pollution redoutable. L’air intérieur véhicule aussi son lot d’émanations nocives (revêtements, produits d’entretien, aérosols, vapeurs de cuisine...).

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