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Focus sur la peau de l'homme

Hommes et femmes ne sont pas égaux en matière de beauté et ne présentent pas la même peau ! Frappée de signes distinctifs bien marqués, la peau des hommes, longtemps et injustement négligée, se révèle bien plus sensible que ce qu'ils en laissent paraître : elle mérite que l'on s'y attarde avec précision et attention...

Mâle distinction

La peau chez l'homme est en grande partie conditionnée par une importante imprégnation hormonale, les androgènes (testostérone et dihydrotestostérone) stimulant tant les glandes sébacées que les follicules pileux. Du fait de sa grande réceptivité à ces hormones, elle se différencie de la peau féminine par des sécrétions sébacées plus abondantes (ses glandes sébacées sont aussi plus volumineuses et plus nombreuses) et une pilosité bien plus développée.
Au moment de la puberté, sous l'influence de ces stimulations hormonales, le flux sébacé s'accroît chez le jeune homme, avec un pic très net aux alentours de 16-19 ans. De 1,5 à 2 fois plus importantes que celles des femmes, les sécrétions de sébum demeurent relativement abondantes jusqu'à la cinquantaine, générant une peau plutôt grasse, souvent sujette à des problèmes d'hyperséborrhée, voire d'acné, avec des risques d'infection et/ou d'induration autour des orifices pilo-sébacés.
C'est aussi une peau plus vascularisée et qui transpire très facilement, bien que ses glandes sudorales soient moins nombreuses que chez la femme. Sébum + sueur abondants, le film hydrolipidique de la peau masculine est de fait plus consistant, garantissant à la fois une meilleure hydratation et une meilleure protection de l’épiderme.

1/3 plus riche en collagène, environ 20 % plus épaisse, la peau masculine est globalement plus dense, plus résistante, et semble bénéficier d'une souplesse supérieure jusqu'à la quarantaine.

Des profils cutanés variés

La peau masculine est considérée classiquement comme mixte. Chez certains, l'excès de sécrétion sébacée peut la rendre très grasse ou "séborrhéique". Elle présente alors des pores dilatés, et de points noirs non seulement sur le visage (front, nez, menton) mais aussi sur le cuir chevelu, le torse, le dos...
Bien lubrifiée, la peau des hommes présente l'avantage d'être naturellement peu sèche. Ce qui ne l'empêche pas d'être par ailleurs desséchée par endroits. Soumise à des années de rasage, elle peut présenter au niveau des joues, du menton, et du cou, des zones particulièrement sèches, avec dartres et rougeurs. La véritable peau constitutionnellement sèche est peu fréquente chez les hommes, et rarissime chez les hommes jeunes. Beaucoup d'hommes en revanche ressentent leur peau comme assez sensible.
D'après une étude menée par une marque de dermocosmétique auprès de 700 hommes de 20 à 50 ans, 70 % disent avoir une peau normale à mixte, et plutôt sensible. Parmi eux, 75% se disent concernés par des problèmes d'échauffement et de rougeurs après rasage, 70% par des points noirs, 64 % par des irritations hors rasage et des boutons post-rasage, 61% par de l'acné.

Métissages

Selon l'origine ethnique, le brassage génétique et l'environnement géographique, les caractéristiques de la peau, mais aussi du cheveu, diffèrent passablement d'une population à l'autre. Ainsi, les asiatiques ont une pilosité très peu développée et connaissent surtout des problèmes de dyschromies sous l'effet du soleil. Avec une peau plus épaisse et plus grasse et des poils frisés ou crépus, 50 à 75 % des hommes de peau noire sont affectés par la "pseudofolliculite" de la barbe : en repoussant, les poils ne parviennent pas à émerger de leurs orifices (c'est le pili incarnati). Cette inflammation des follicules sur les zones de rasage génère la formation de papulopustules pouvant se surinfecter.

Au fil des ans

C'est plutôt par phases que la peau des hommes accuse le passage des ans. Avec une baisse du taux de testostérone de 2% par an à partir de 30-40 ans, elle entame réellement son processus de vieillissement à la quarantaine, commençant à perdre de son maintien et de sa tonicité. Bien que ce vieillissement soit plus tardif que celui des femmes, il produit des effets plus marqués et plus rapides. Ainsi, la fermeté cutanée enregistrerait une baisse de plus de 20% vers la cinquantaine, avec la possible apparition de poches persistant sous les yeux. Potentialisées par l'effet du stress, de la fatigue, d'un rythme de vie trépidant, les rides masculines sont souvent plus creusées que celles des femmes, les cernes et les taches actiniques plus visibles.
Comme pour les femmes, la peau de chaque homme évoluera différemment selon son mode de vie, son environnement plus ou moins pollué, le fait de fumer ou non, ses habitudes d'exposition au soleil...

Atouts et aléas pileux

Sous l'influence des hormones, le système pileux se développe à partir de la puberté, d'abord au niveau de la lèvre supérieure, puis du menton, des joues... L'homme adulte peut ainsi compter 500 poils au cm², contre 120 chez la femme.
Avec 0,2 à 0,4 mm de pousse pilaire chaque jour, la nécessité du rasage quotidien assujettit la plupart des hommes, entrainant son lot de désagréments surtout chez les plus jeunes : échauffement, rougeurs, déshydratation ou délipidation partielles, irritations, voire inflammation des follicules pileux...
Les cheveux aussi sont sous forte dépendance hormonale, expliquant pourquoi les hommes les perdent beaucoup plus que les femmes. Les hormones androgènes ont tendance à diminuer la durée de la phase de croissance capillaire. Plus un homme compte de récepteurs spécifiques de ces hormones au niveau des follicules pileux (ce nombre est déterminé par l’héritage génétique), plus il a de risque d’avoir une perte de cheveux. Le stress, le surmenage, l'anxiété sont également susceptibles de détériorer la vitalité capillaire.

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